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Sécurité et BTP, des choses à faire !
Date : 31 mars 2006 | par Hélène Patey .
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Avec un taux de fréquence deux fois plus élevé et un taux de gravité deux à trois fois plus élevé que la moyenne des branches professionnelles (respectivement 56 et 3,24 pour le BTP contre 26,9 et 1,35 pour la moyenne de toutes les branches professionnelles confondues), le BTP est le mauvais élève en matière de sécurité (statistiques 2003).

Si des efforts ont été faits en la matière (le taux de gravité était de 70 en 1990), le taux de gravité quant à lui stagne depuis 1990.

Les causes des accidents

Les principales causes d’accidents sont dans l’ordre :

- La manutention manuelle
- Les accidents de plain pied
- Les chutes de hauteur
- Les outils
- Les masses en mouvement ...

Ces cinq causes représentent près de 90% des accidents du travail en 2003.

Les chutes de hauteurs et l’utilisation de véhicules sont les principales causes de décès en 2003.

Les maladies professionnelles

Le nombre de maladies professionnelles est en augmentation entre 1990 et 2002, et est en légère baisse en 2003 (3315 MP en 2003).

Les affections périarticulaires représentent les 2/3 des MP déclarées en 2003. Viennent ensuite dans l’ordre les affections du rachis lombaire/charges lourdes, les ciments, les lésions chroniques du ménisque, et enfin les affections/amiante.

Sécurité et BTP, quels moyens d’action ?

Les risques dans le BTP sont certes plus importants que dans d’autres secteurs d’activité (travail en hauteur, manutention importante...). Mais il n’y a pas de fatalité, et des leviers d’actions sont possibles.

Les freins

Il existe certains freins à la mise en place de mesures de prévention, mais qui ne sont pas propres à ce secteur, on rencontre les mêmes difficultés dans bon nombre d’entreprises de l’industrie métallurgique par exemple, à savoir :
- Une culture du "travail pénible"
- Un milieu très masculin, qui n’a pas de "culture sécurité", la sécurité étant vue de manière péjorative (le fait de faire attention à soi, à son corps n’est pas entré dans les mœurs)
- Des travaux naturellement à risque explicités plus haut

Remarque : ces "freins" se rencontrent au démarrage de l’impulsion de la démarche de prévention, mais ne sont pas insurmontables : Prenons l’exemple de Colas : sur 8 ans, le taux de fréquence des accidents a baissé de 53% alors que le parc de véhicules et d’engins de chantier du Groupe augmentait de 63%.

Quels sont les leviers d’actions ?

Ces leviers ne sont pas propre au BTP, on distinguera deux grandes catégories : les leviers "managériaux" et les leviers d’ordre plus "techniques, axés sur la prévention" au vue des différents éléments statistiques énumérés plus haut.

Les leviers "managériaux" : Faire de la prévention efficace passe nécessairement par :
- La complète adhésion de la hiérarchie à la démarche sécurité
- La possibilité pour la hiérarchie de faire appliquer les règles élémentaires
- La parfaite exemplarité de la hiérarchie, qui ne doit en aucun cas déroger aux règles

Les leviers "techniques, axés sur la prévention"
- la mise en place de règles simples (clairement définies et communiquées) auxquelles on ne peut en aucun cas déroger (Equipements de Protection Individuelle obligatoires (port des bouchons d’oreille, du harnais...). Ces règles seront définies en fonction des accidents et maladies professionnelles recensés dans l’entreprise
- la formation des opérateurs, là encore, en fonction de l’historique des accidents et maladies professionnelles.

Au vue des statistiques ci-dessus et pour être concret, voici quelques exemples d’actions à déployer :
- Achat de matériel d’aide à la manutention avec obligation pour les opérateurs de les utiliser
- Formation au port de charge des opérateurs (gestes et postures), en insistant sur les conséquences à long terme de mauvaises postures de travail
- Sensibilisation et règle claire liées à l’ordre et au rangement
- Vérification périodique des échafaudages, port du harnais obligatoire, vérification des échelles, règles strictes sur l’utilisation des échelles, escabeaux...
- Port du masque, des bouchons d’oreille, des gants... lors d’opérations précises
- sensibilisation générale aux risques inhérents au métier
- Organisation de journées de sensibilisation à la prévention routière, vérification des véhicules...

...

Des actions sont donc possibles pour développer un comportement sécurité chez les salariés, ceci passant nécessairement par une totale implication de la hiérarchie dans le déploiement de la démarche sécurité.

Sources : INRS, statistiques 2003

INRS, Statistiques accidents du travail et maladies professionnelles du BTP

site web du Groupe COLAS

pour en savoir plus : www.oppbtp.fr