La mise en place des EPI dans l’entreprise

Comment mettre en place le port des EPI (équipements de protection individuelle) en entreprise?
Cela peut paraître simple (définition et respect des règles), or il s’avère que selon l’entreprise, les opérateurs, la culture de l’entreprise, les habitudes … l’instauration du port des EPI peut échouer pour de multiples raisons (règles trop ambitieuses, manque de communication, de clarté, erreurs de logistique…).
Cet article propose une méthodologie et également des pistes de réflexion, pour s’assurer d’une mise en place efficace et une pérennisation du système.
Cette méthodologie, qui se veut très générale, pourra varier selon la taille de la structure et le degré de maturité de l’entreprise en sécurité.

Définir les règles

Comment définir des règles dans l’entreprise?
Cela dépend naturellement du vécu de l’entreprise, de l’avancée et de l’implication existante des opérateurs dans la sécurité.

Pour définir des règles (quels EPI pour quelles tâches), plusieurs méthodes sont possibles :

On peut tout d’abord se référer à l’historique des soins et des accidents du travail : Cette source permet de réaliser un constat des accidents les plus fréquents dans l’entreprise, et seront une base indiscutable pour justifier le cas échéant de la mise en place des EPI. Les soins et accidents permettront de définir les actes et/ou les postes à risques, et de redéfinir des règles en fonction.

On peut également se référer au document unique.

A défaut ou dans les petites entreprises ne disposant pas de bases de données importantes concernant l’historique des soins, un audit terrain sera nécessaire pour identifier les situations à risque.
Les opérateurs pourront être sollicités et interrogés au sujet de leurs actes à risque.

Vérifier la faisabilité

Cette étape est cruciale et détermine bien souvent la réussite ou l’échec de la mise en place.

Il est nécessaire d’évaluer les contraintes sur l’opérateur et la faisabilité de chaque règle définie :
Pour cela, un travail de terrain est indispensable (un questionnaire ou une observation terrain selon la taille de l’entreprise semble approprié, ne pas oublier d’interroger l’opérateur pour une première implication), pour identifier dans quel contexte l’opérateur doit porter l’EPI (en permanence au poste ou pour des opérations définies) et les contraintes, et atténuer autant que possible ces dernières.
En effet, il vaut mieux revoir ses exigences à la baisse et que celles-ci soient appliquées(quitte à redéfinir des règles plus ambitieuses dans un deuxième temps plutôt que d’avoir des éxigences trop élevées qui ne seront pas appliquées et risqueront de compromettre la mise en place (et les règles difficilement applicables risqueront de décrédibiliser toute la démarche).

Etudier les coûts

Cette étape peut être réalisée à différents stades de la démarche.
On distinguera cependant :

L’investissement initial de mise en place

Les coûts de renouvellement des EPI

Obtenir l’adhésion de l’encadrement

Les encadrants seront en quelque sorte les garants de la pérennité du système dans le temps. Ils pourront également être consultés lors de la définition des règles.
Il faut donc s’assurer de leur soutien et de leur implication dans la démarche. En effet, en tant que responsables, leur autorité hiérarchique leur confère une légitimité pour faire appliquer les règles sur le terrain.
Pour leur démontrer la nécessité du port des EPI, on s’appuiera sur l’historique des soins et accidents du travail ou sur l’analyse des risques ou l’audit terrain.
Il est indispensable que les encadrants voient l’utilité du port des EPI pour qu’ils s’impliquent dans la sensibilisation des opérateurs et dans l’application des règles.

N.B : Pour convaincre et faire adhérer l’encadrement, il faut toujours partir du risque pour en arriver à la nécessité du port d’un EPI, et non de l’EPI pour arriver à la protection contre le risque comme on a tendance à le faire. La nuance peut paraître faible mais le message sera perçu de manière sensiblement différente par l’interlocuteur.

Enfin, il va de soit que l’encadrement doit être irréprochable sur le respect des règles.
Il doit en effet montrer l’exemple car les opérateurs y sont très sensibles, cela est également nécessaire pour avoir une légitimité à faire respecter les règles.

Impliquer les opérateurs

La méthode est variable selon la taille et l’organisation de l’entreprise. La communication sur les règles doit être efficace, et les règles seront d’autant mieux acceptées que l’étude de faisabilité vue plus haut aura été correctement menée.
Les règles doivent être très claires : Quelle opération pour quel risque et quel EPI pour se prémunir du risque.

Là encore, il faut toujours partir du risque que prend au quotidien l’opérateur pour en arriver au port de l’EPI.

Choisir et tester des EPI

Le choix se fait naturellement en fonction du risque. Les normes et niveaux de protections indiqués dans les catalogues fournisseurs notamment pourront aider dans le choix.

Pour que les EPI soient portés, il faut impliquer aussi les opérateurs dans le choix des EPI, tout en restant dans le budget et en gardant un EPI qui protège l’opérateur contre le risque.
L’EPI sera d’autant bien supporté qu’il a été choisi par l’opérateur (les critères de confort, mais aussi esthétiques seront pris en compte).

Organiser une logistique

Une fois les règles définies, il faut se donner les moyens matériels de les faire respecter.
La logistique sera variable, mais les questions à se poser sont les suivantes :
A qui donne-t-on les clés du stock?
Qui gère les commandes?
Qui approvisionne les opérateurs?
Ou range t’on les EPI?

Suivre la mise en place

Cette étape s’inscrit dans la durée et ne sera efficace que si l’encadrement adhère à la démarche.
Des actions de sensibilisations seront nécessaires, ainsi qu’un travail de proximité pour s’assurer notamment du bon fonctionnement de la logistique, de la compréhension des règles, du respect de celles-ci.

En conclusion, le port d’un EPI n’est pas facile à faire accepter. Tout sera mis en ?uvre pour que l’opérateur ne perçoive pas le port de l’EPI comme une contrainte mais comme un moyen de se prémunir contre un risque.

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