Avoir sommeil au volant = trois fois plus de risque d’accidents

PARIS (AFP) – Les personnes qui reconnaissent conduire fréquemment alors qu’elles ont sommeil ont un risque jusqu’à trois fois plus élevé d’avoir un accident de la circulation, selon une étude française, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) daté de samedi.

Chaque année en France, au moins un millier de morts évitables seraient dues à la somnolence au volant, évaluent les auteurs, des chercheurs de l’Inserm. Le nombre de blessés évitables se situant entre 10.000 et 20.000/an, ajoutent-ils.

« La plupart d’entre nous tentent de lutter contre le sommeil au volant… en vain. « Dormir ou conduire: il faut choisir », selon ces travaux de chercheurs de l’Inserm qui estiment pour la première fois ce risque.

L’étude a été faite à partir de la cohorte Gazel formée de près de 20.000 employés ou retraités des entreprises EDF et GDF, suivis depuis 1989. Plus d’un tiers des participants (13.299) à l’étude dirigée par Emmanuel Lagarde et Hermann Nabi (unité Inserm « Santé et Insécurité Routière », Bordeaux) admettent avoir conduit alors qu’ils avaient sommeil au cours de l’année passée. Il s’agit plus souvent des cadres, des conducteurs effectuant un nombre important de kilomètres, qui travaillent la nuit, font des heures supplémentaires ou ont des contraintes horaires dans leur activité professionnelle.

La somnolence au volant est également associée à une consommation de médicaments psychotropes et d’alcool.

Selon les chercheurs, les personnes qui reconnaissent conduire fréquemment (une fois par mois ou plus souvent) alors qu’ils ont sommeil ont un risque jusqu’à 3 fois plus élevé d’accident de la circulation.

« Les conducteurs sont parfaitement capables d’évaluer leur état de somnolence, estiment les auteurs. « Dès qu’ils en ont pris conscience, ils doivent s’arrêter et dormir, ou renoncer à prendre le volant lorsque cela est possible », recommandent-ils.

Le risque n’est pas le seul fait des gens atteints de pathologie du sommeil (avec brusques attaques de sommeil). « C’est bien en effet le manque de sommeil +ordinaire+ qui conduit la plupart du temps à l’accident », soulignent-ils.

En France, la prise de conscience de ce risque est restée faible comparée au « risque alcool » et à celui de la vitesse au volant, selon les chercheurs qui jugent insuffisante la prévention des accidents dus à la somnolence.

Ils proposent notamment de renforcer la promotion des « pauses sommeil » lors de longs trajets, « la création d’aires de repos accueillantes et le développement de systèmes de détection de l’assoupissement efficaces et opérationnels ».